Nelson Freire

1944-2021 († 77 ans)
Bresil (AM)
Pianiste

Nelson Freire

Nelson Freire est un pianiste brésilien né à Boa Esperança le 18 octobre 1944 et mort le 1er novembre 2021 à Rio de Janeiro.

Sa famille détecte et reconnaît très tôt son talent précoce. Il est initié au piano par sa sœur dès l'âge de 3 ans. Le jeune Nelson, réservé, maladif, trouve dans la musique un terrain de jeu idéal pour s'exprimer.
Il commence à étudier le piano sérieusement à 5 ans, sous la houlette de Lucia Branco et de Nise Obino. À 11 ans, il joue déjà Chopin, avec un talent et une aisance éblouissants.
Extrêmement alerte et studieux malgré son jeune âge, il fait des pas de géants, et à seulement 13 ans, remporte le Concours International de piano de Rio de Janeiro, en interprétant le «Concerto Empereur» de Beethoven. Prémisse des gloires à venir.


Le jeune pianiste virtuose décroche alors une bourse pour aller étudier à Vienne, auprès de Bruno Seidlhofer. Jeune étudiant, il rencontre alors son âme sœur, sa grande amie, Martha Argerich, avait qui il partagera le clavier à de nombreuses reprises. C'est bredouille, sans avoir gagné de concours, que Nelson Freire rentre au Brésil en 1962. Un peu morose et déprimé, las du piano, une partition le tirera de sa langueur : les «Rhapsodies de Brahms», offertes par un ami. En jouant Brahms, le jeune pianiste retrouve le goût de son instrument.

Les représentations et les prix s'enchaînent alors. La Médaille Dinu Lipatti à Londres, en 1964. Le Premier Prix -ex-aequo avec Vladimir Krainev - du Concours Vianna-da-Motta, à Lisbonne. Puis, en 1972, première récompense discographique avec le prix Edison, pour son enregistrement des «Préludes de Chopin».

«C’est la perte d’un géant. Il fait partie de ces pianistes qui sont comme des points d’ancrage pour la jeune génération» - Philippe Cassard - Pianiste

Issu de l'école brésilienne des pianistes, Nelson Freire voue une admiration éperdue à la pianiste Guiomar Novaës et à son amie Martha Argerich, qu'il considère comme la meilleure pianiste de sa génération. Le domaine de prédilection de Freire reste le répertoire romantique : il a réalisé remarquables enregistrements de Schumann, Chopin ou encore de Brahms, en n'oubliant jamais le répertoire de son pays natal, le Brésil.

«J’ai écouté énormément de disques avec lui. Il m’a appris à écouter autrement, il a été mon professeur d’écoute» - Alain Lompech - Journaliste

"On retient son interprétation des œuvres de Chopin, de Brahms. Il imposait un Rachmaninov et un Liszt transcendants. Mais il y avait toujours de la volupté, un jeu voluptueux, comme un grand vin de Bourgogne", souligne Philippe Cassard. Avec une personnalité et une humilité remarquables pour un musicien de son rang : "C’est quelqu’un qui a marqué de son empreinte, de son style, de sa classe. C’était un artiste d’une très grande classe, absolument pas narcissique, défiant toutes les modes et les égotismes. Il se distinguait par sa pureté, son intégrité musicale." Une classe, une humilité et une maîtrise hors norme qui font de Nelson Freire l'un des plus grands pianistes de la deuxième moitié du XXe siècle.

Source: France Musique