Nica de Koenigswarter

LondresNew York
Bienfaitrice de Jazz

Nica de Koenigswarter

Nica de Koenigswarter 

La baronne Pannonica de Koenigswarter, née Rothschild le 10 décembre 1913 à Londres et morte le 30 novembre 1988 à New York.

Née Kathleen Annie Pannonica Rothschild, elle est la fille de Charles Rothschild. C'est lui, chasseur de papillons à ses heures perdues, qui, en découvrant une espèce inconnue dans une région d'Europe centrale appelée dans les temps anciens Pannonie, décida d'en donner le nom au papillon et à sa fille.

C'est une mélomane britannique appréciant avec enthousiasme le bebop, dont elle fut une importante bienfaitrice et mécène dans les années 50-60.

Jeune femme d'une grande beauté, elle s'éprend en 1935 d'un jeune militaire français, le baron Jules de Koenigswarter. Issus du même milieu social, la noblesse, leur union semblait naturelle ; pourtant tout les oppose. Lui : rigide, sombre, sérieux, responsable, intéressé seulement par les arts martiaux. Elle : fantasque, artiste (pianiste et peintre talentueuse), se souciant peu des convenances, fort peu disposée à remplir les fonctions mondaines auxquelles son éducation semblait l'avoir destinée. Six enfants naîtront de leur union.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jules s'engage dans les Forces françaises libres, et Nica officie au service de la radio de la mission militaire française libre à Accra avant de s'engager à son tour le 8 avril 1943 et de devenir conductrice au service des sépultures de la 1re division française libre.

Après la guerre, la famille s'installe à New York, mais Nica ne fait pas une bonne épouse de diplomate : elle s'habille sans soin, déteste les réceptions, fume des joints et adopte les mœurs et vices de ceux que lui appelle les «nègres». Le baron quitte sa femme, elle reste à New York (à l'hôtel Stanhope) où l'enchaîne sa passion pour le jazz. Elle est exclue de la famille Rothschild qui lui coupe les vivres. Il lui est heureusement possible de conserver deux Bentley et une Rolls, d'acheter une superbe maison sur les rives du New Jersey avec vue panoramique sur Manhattan, et d'entretenir environ 122 chats.

Personnalité flamboyante, elle rayonne sur ses contemporains avec une passion et une générosité exceptionnelles. C'est une bienfaitrice, une mécène, des jazzmen new-yorkais.
Thelonious Monk écrit pour elle la superbe composition «Pannonica», mais on trouve également le très subtil «Nica's tempo» de Gigi Gryce, «Blues for Nica» de Kenny Drew, «Tonica» de Kenny Dorham, «Thelonica» de Tommy Flanagan, «Nica» de Sonny Clarke ou encore le célèbre «Nica's dream» d'Horace Silver.

Elle a signifié pour beaucoup l'amour, l'espoir, ou la survie. Charlie Parker (qui mourut dans son appartement), Bud Powell, et Thelonious Monk, trouveront chez elle un refuge.

Source: Wikipédia